Face à l’urgence révélée par les crues de février 2026, Egis défend une ingénierie fondée sur les processus naturels et la compréhension fine des bassins versants.
Depuis plusieurs semaines, l’Ouest de la France fait face à une série d’inondations d’une ampleur rarement observée. La ville d’Angers, notamment, s’est réveillée le 20 février avec des quartiers entiers submergés, plus de 5 000 habitants touchés et un niveau de la Maine dépassant les 6,35 mètres, un seuil exceptionnel qui a continué de progresser au fil de la journée. L’événement ne concerne pas seulement le Maine-et-Loire : plusieurs départements de l’Ouest, parmi lesquels la Loire-Atlantique et la Charente-Maritime, demeurent en vigilance rouge, même si une décrue timide s’esquisse par endroits, sans pour autant garantir un retour rapide à la normale.
Cette situation résulte d’une configuration météorologique tout aussi exceptionnelle, marquée par plus d’un mois de pluies presque ininterrompues. Certaines régions ont enregistré un record de 35 jours consécutifs de précipitations, ce qui a saturé les sols au point de transformer chaque nouvelle averse en ruissellement immédiat, amplifiant mécaniquement le risque de crue. Les hydrologues notent que l’indice d’humidité des sols atteint aujourd’hui des niveaux inégalés depuis les premières mesures de 1959, aggravant les débordements des rivières et ralentissant considérablement leur retour à un débit normal.
Dans un tel contexte, où les phénomènes extrêmes se conjuguent aux vulnérabilités d’un territoire densément habité, une question domine : comment adapter durablement nos territoires pour faire face à des crues qui, selon toutes probabilités, se multiplieront ?
Repenser la stratégie : réduire l’aléa ou diminuer la vulnérabilité ?
La gestion du risque d’inondation repose sur une équation simple : un aléa naturel rencontre des enjeux humains et matériels. Deux voies existent pour réduire ce risque. La première consiste à tenter d’agir sur l’aléa lui-même, en modifiant le fonctionnement hydraulique du milieu grâce à des digues, des bassins de rétention ou des barrages. Cette stratégie, longtemps privilégiée, offre une visibilité politique certaine, car elle repose sur des ouvrages tangibles et spectaculaires. Pourtant, l’expérience montre qu’elle peut déplacer le problème d’un secteur à un autre, créer des effets dominos hydrauliques ou encore générer des coûts d’entretien considérables.
La seconde voie vise à agir sur la vulnérabilité. Elle repose sur une adaptation globale du territoire : meilleure connaissance du ruissellement, gestion intelligente des sols, limitation de l’imperméabilisation, préservation des zones humides, renaturation des cours d’eau, déplacement ou protection ciblée des infrastructures sensibles. Cette approche, moins ostentatoire mais plus efficace, permet non seulement de réduire les impacts des crues, mais également de restaurer des écosystèmes capables d’atténuer les chocs hydrologiques. Les études menées par les assureurs depuis plusieurs années montrent d’ailleurs que les investissements en prévention et adaptation fournissent un retour sur investissement de cinq à dix fois supérieur à celui des grands ouvrages de protection.
Egis, fort de son expérience sur de nombreux bassins versants, fait partie de ceux qui défendent cette seconde option comme voie prioritaire, car elle place la compréhension du fonctionnement naturel de l’eau au cœur de l’action publique.
Une ingénierie intégrée : comprendre avant d’agir
L’expertise d’Egis en matière d’inondation repose d’abord sur une phase de compréhension très fine du territoire. Les équipes mobilisent des techniques de pointe, associant données LIDAR, imagerie satellitaire, outils SIG, modélisations hydrauliques tridimensionnelles et simulations hydromorphologiques. Cette combinaison permet d’analyser les trajectoires possibles de l’eau, d’anticiper les zones de débordement, de mesurer l’impact potentiel d’un projet d’aménagement ou encore de tester différents scénarios d’évolution du ruissellement. Plutôt que d’imposer une solution générique, Egis développe une ingénierie contextuelle, adaptée à la singularité de chaque bassin.
Cette logique s’inscrit dans une approche transversale. L’eau n’est plus considérée comme une simple ressource à canaliser, mais comme une composante dynamique du territoire, en interaction permanente avec les sols, la biodiversité, les usages humains et le climat. Agir sur un paramètre sans tenir compte des autres revient à déplacer le déséquilibre. Le rôle d’Egis est précisément de reconnecter ces dimensions, en évaluant les conséquences systémiques de chaque intervention.
L’expérience de terrain : restaurer, accompagner, rendre les territoires résilients
L’ingénierie de terrain constitue l’un des marqueurs du savoir-faire d’Egis dans la gestion des risques liés à l’eau. Les équipes interviennent depuis de nombreuses années sur des projets de restauration écologique de cours d’eau, de reconstitution de zones humides, d’amélioration des systèmes d’assainissement ou encore de réduction du ruissellement en milieu urbain. Ces projets ont permis d’acquérir une connaissance approfondie des dynamiques fluviales et des stratégies d’adaptation localisées.
Plusieurs réalisations illustrent cette expertise. Les opérations de renaturation de rivières menées en France ont souvent consisté à redonner de l’espace aux cours d’eau, à supprimer des ouvrages obsolètes ou à rétablir des méandres naturels. Ces actions contribuent à ralentir les écoulements, à favoriser l’infiltration, à rétablir des habitats écologiques et à offrir davantage de capacité de stockage lors des crues. Ce sont des solutions sobres, peu visibles, mais d’une efficacité redoutable.
Egis accompagne également les territoires urbains dans une transformation profonde de leur gestion de l’eau. Dans plusieurs agglomérations, l’intégration de dispositifs d’infiltration, de sols perméables, de jardins de pluie ou de parcs inondables a permis de limiter drastiquement le ruissellement et d’améliorer le confort des habitants lors des épisodes pluvieux intenses. Ce travail s’appuie sur une pédagogie active auprès des élus et techniciens, afin d’encourager un changement de culture durable.
Enfin, les interventions d’Egis sur les ouvrages hydrauliques – diagnostics de digues, expertise de barrages, sécurité des infrastructures – viennent compléter cette approche globale. Il ne s’agit plus de multiplier les ouvrages, mais d’évaluer leur pertinence, leur robustesse et leur compatibilité avec les évolutions climatiques et hydrologiques à long terme.
Pour l’Ouest : une feuille de route pragmatique et ambitieuse
Au regard des événements de février 2026, Egis propose une trajectoire fondée sur quelques grands principes. D’abord, replacer le bassin versant au centre des décisions, en considérant l’ensemble de ses interactions : sols, végétation, climat, usages, infrastructures. Ensuite, restaurer les zones de débordement naturelles, qu’il s’agisse de prairies inondables, de forêts rivulaires ou de marais. Ces espaces, autrefois perçus comme des contraintes, doivent retrouver leur rôle d’amortisseurs lors des crues. Parallèlement, les espaces urbains doivent évoluer pour intégrer davantage d’infiltration, moins d’imperméabilisation et une implantation raisonnée des bâtiments et équipements sensibles.
L’anticipation constitue également un pilier fondamental : les outils numériques actuels permettent de simuler les effets d’une crue, de tester des scénarios d’aménagement ou de projeter les impacts futurs. L’enjeu est de généraliser ces pratiques pour guider les décisions publiques. Enfin, la prévention doit redevenir la norme, non seulement par des infrastructures adaptées, mais aussi par une véritable culture du risque partagée par les habitants, les élus et les acteurs économiques.
