Intégrées malgré elles au cœur des métropoles par l’étalement urbain, les zones d’activités restent à l’écart des politiques d’aménagement qui profitent aux centres-villes. Leur paysage — alignements de hangars industriels, axes routiers surdimensionnés, absence de logements ou de commerces — en fait des territoires conçus pour et par la voiture. Leur rythme, marqué par des pics d’affluence aux heures de pointe (liés aux trajets domicile-travail), contraste avec leur désertion en dehors de ces créneaux, ce qui accentue leur image de zones purement fonctionnelles, coupées de la vie urbaine environnante.
Malgré les tentatives des collectivités (navettes à la demande, bus spécifiques, bandes cyclables), les mobilités alternatives peinent à s’y imposer, et les modèles classiques d’accessibilité multimodale ne s’y appliquent pas.
Limiter la congestion urbaine
Les principales zones d’activités proches du centre représentent jusqu’à un tiers du trafic routier de leur boulevard périphérique aux heures de pointe. Ces zones, avec leurs milliers d'emplois, participent à la saturations routières des réseaux structurants, un phénomène exacerbé par l'absence d'alternatives crédibles à la voiture.
Favoriser le développement économique
Les entreprises implantées dans les zones d’activités rencontrent des difficultés de recrutement, notamment pour les profils non motorisés. Les trajets en transports collectifs sont souvent longs et complexes. Une meilleure accessibilité des zones d’activités tous modes permettrait de renforcer l’attractivité de ces pôles d’emploi.
Accélérer la décarbonation
Les flux générés par les zones d’activités – voitures, poids lourds, véhicules utilitaires – en font des zones fortement émettrices de CO₂. Leur transformation s’inscrit pleinement dans les engagements climatiques pris par la France, notamment dans le cadre de l’Accord de Paris, et constitue un levier concret pour atteindre les objectifs territoriaux de neutralité carbone. Réduire l’usage de la voiture individuelle au profit de modes actifs ou partagés dans ces zones permettrait une baisse immédiate et mesurable des émissions de CO2.